Opposant composant en gestion mentale

Qu’est-ce que la structure de projet de sens opposant composant en gestion mentale?

Le projet, élément clé de la gestion mentale

Tout d’abord, être en projet consiste à « jeter devant (soi) », à faire une sorte de saut mental dans le futur. Etre en projet, c’est anticiper mentalement la tâche à accomplir dans tous ses détails. Il s’agit d’une activité intérieure et personnelle. Toute personne qui se met en projet de quelque chose le fait avec sa vision du monde, consciemment ou non. Cette vision s’appelle projet de sens dans la pédagogie des gestes mentaux d’Antoine de la Garanderie.

Opposant composant-Notion de projet

La structure de projet de sens opposant composant en gestion mentale: la manière personnelle de concevoir ses rapports à autrui

Chaque personne possède une ou plusieurs structures de projets de sens, qui lui sont personnels. Antoine de la Garanderie a recensé huit structures de projets de sens les plus fréquents. Parmi elles, la structure de projet de sens opposant composant. Elle désigne la façon dont l’individu conçoit les rapports aux autres. Quel est le premier mouvement de la conscience qui rencontre celle d’autrui ?

– Est-ce de l’approuver, de lui donner de bonnes raisons ? Est-ce de la désapprouver, d’en dégager les mauvaises raisons ?
– Qu’est-ce qui vous apparaît d’abord, l’objectivité du vrai ou celle du faux ?
– Etes-vous tenté d’approuver les personnes qui acceptent ou celles qui rejettent ?
– Etes-vous tenté d’approuver les personnes que vous pensez être inférieures ou celles que vous estimez vous être supérieures ?
– Qu’est-ce-qui en premier lieu s’impose à vous dans ces différentes situations ? Où vous sentez vous le plus à l’aise dans la mise en valeur de la vérité? Celle d’autrui ou celle qui vient de vous ? Quel est votre premier mouvement ? Est-ce celui dont Talleyrand disait avec un certain humour, qu’il fallait s’en méfier parce que c’était le bon ?
– L’ordre dans lequel se présentent ces deux formes de la relation à autrui est essentiel. Certaines personnes n’accèdent au rejet qu’après l’acceptation, d’autres à celui-là qu’après être passées par celui-ci. Il est des personnes qui seront rivées de façon exclusive, soit à l’acceptation, soit au rejet

Opposant composant-Rapport à autrui

La structure de projet de sens opposant composant en gestion mentale: une première tendance

La personne cognitivement opposante trouve sa motivation à être elle-même dans le refus du point de vue d’autrui. Elle cherche à forger sa propre voie. Quitte ensuite à faire une place ou sa place à ce qu’elle a au départ écarté. La personne cognitivement composante trouve sa motivation à être elle-même en faisant siens les points de vue d’autrui. Quitte ensuite à pointer des différences, par ses initiatives personnelles, effectuées dans le prolongement de ce qu’elle vient d’adopter.

Ces deux personnes auront besoin d’être reconnues par leurs interlocuteurs. S’ils n’ont pas la même forme de relation à autrui, leur identité sera en risque. Cela se traduit par des antipathies et des sympathies. Dans les rapports forcés, professionnels par exemple, prêteront à de lourdes conséquences.

Cas pratique de Chrystelle: comment se situe-t-elle sur le continuum du couple opposant composant?

Besoin relationnel et besoin cognitif en contradiction?

Il faut nettement distinguer l’attitude cognitive de l’attitude relationnelle. Chrystelle ne supporte pas le conflit, elle a un besoin essentiel de se sentir en relation avec les autres. Pourtant, elle marque souvent son désaccord avec ce que disent les autres. De là, son questionnement. Son besoin relationnel et son besoin cognitif semblent se heurter. Vis-à-vis des autres « s’il n’y vraiment aucun point d’accroche, ce n’est pas possible. » Elle doit ressentir un rapprochement quel qu’il soit. « Avec les collègues ou avec d’autres personnes,  je sais bien que ce que je recherche, c’est un point commun. Ça peut être un sens de l’humour, ça peut être une bête blague. » Elle utilise la métaphore du puzzle. Mais très vite on s’aperçoit qu’il suffit d’accrocher deux pièces du puzzle ensemble, de trouver un point commun pour qu’elle puisse oser les différences : « Il faut qu’il y ait un point commun, mais surtout pas tout ! »

Du besoin de composition au besoin d’opposition

Le paradoxe apparaît nettement et c’est lui qui va permettre d’approfondir le sujet : « Je me suis plainte pendant très longtemps d’être une extraterrestre. Souvent je disais, quand il y avait eu des conversations houleuses, j’arrivais à la conclusion : « Je suis encore l’extraterrestre ! » (…) Et en même temps, qu’on ne vienne pas me dire que je dois faire comme les autres, parce que je ne le ferai pas ! » Là aussi il faut parler en termes d’évolution : précédemment ce besoin d’être en lien l’a emporté et elle estime qu’elle s’est longtemps conformée à ce que pensaient les autres.

La composition, un tremplin vers l’opposition dans le couple opposant composant en gestion mentale

Actuellement, elle continue à éprouver ce besoin d’établir ce point commun, afin de se « rassurer ». Mais une fois cette similitude établie, elle part à la recherche des différences. Qu’elle rapproche de sa volonté « de dire je ». L’opposition cognitive serait une finalité récemment émergée et la composition initiale un moyen, un « tremplin ».

On retrouve cette démarche dans sa manière d’aborder les concepts. « J’ai beaucoup de plaisir quand je lis une théorie. Et que je me rends compte qu’elle va se raccrocher à quelque chose dont j’ai déjà entendu parler. Je vois que les choses se mettent bien (…) il y a l’idée que ça va bien aller. Et il y a l’idée que ça va apporter du plus. Mais c’est vrai qu’à ce moment-là, le plus grand plaisir n’est pas que cela apporte des idées en plus. Il y a quelque chose de rassurant, parce qu’il y a quelqu’un qui pense comme moi. » On pense au besoin, exprimé au préalable, de se sentir appartenir avec d’autres à l’humanité. C’est de nouveau un point de départ rassurant à partir duquel elle va transformer et inventer.

L’opposition, un chemin vers l’affirmation de son je

Chrystelle éprouve le besoin de dépasser les points communs pour accéder à des idées personnelles. Sur le plan théorique et pratique. Pour elle, c’est clairement la deuxième partie de l’itinéraire mental. Et elle se permet désormais de marquer son opposition sans être déstabilisée. Il n’y a pas longtemps que cela se passe ainsi : « … le sentiment de stabilité, pouvoir se dire de temps en temps : « Il ne pense pas comme moi, cela ne va pas me détricoter pour autant. », il est assez récent. Autrement, c’était plutôt le questionnement, dès que quelqu’un se permettait de venir dire : « Mais quand même ! ». Ou alors je me taisais. Pour être sûre qu’il n’y ait pas de commentaires qui aillent dans l’autre sens. Parce que cela me faisait basculer. Alors que maintenant, petit à petit, les commentaires, cela ne me fera pas basculer ».

Elle insiste sur le fait que ce comportement, qui peut passer pour de l’opposition, est en fait la traduction externe d’un cheminement plus complexe qui prend sa source dans la composition : « Parfois, je dis non assez vite, parce que dans le comportement de la personne, j’ai tout de suite senti : « ça, c’est bon », mais j’ai dit non, et ce n’est pas pour cela que je n’admets pas de ressemblances, c’est justement parce que je suis rassurée par cela qu’alors je peux commencer à dire non.(…)Pour moi, c’est au niveau de la restitution. C’est ce qui sort, mais ce n’est pas nécessairement le traitement cognitif de l’information. » Cela confirme l’hypothèse d’une composition indispensable comme tremplin vers une opposition. Ce qui permet l’invention, la recherche, la réponse à la chaîne des pourquoi.

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