L’attention, comment la développer?

Vous est-il déjà arrivé d’éprouver du mal à maintenir votre attention durant un long discours? Ou pour résoudre un problème? Cela nous est arrivé à tous. Nous avons tous vécu ces situations où il est impossible de se concentrer sur la tâche en cours. Où notre attention se met à tanguer. Où l’on se surprend même à rêver alors que quelque chose d’autre digne d’attention est en train de se passer. Pourquoi cela arrive t-il ? Personne ne peut rester parfaitement concentré pendant un long moment. C’est physiquement impossible. Il n’existe aucun moyen de ne pas s’endormir au milieu d’un spectacle ennuyeux. Pourtant, il est possible d’améliorer ses capacités d’attention.

Pourquoi développer votre attention?

L’attention nécessaire pour se développer, pour se sentir bien, et pour vivre son humanité

Notre connaissance du monde, de soi, des autres dépend de notre attention. L’attention est nécessaire dans quasiment toutes nos tâches quotidiennes. Elle permet de se concentrer sur le travail en cours, d’intégrer des données, de comprendre des informations, orales ou écrites, et d’émettre des pensées. Cultiver une attention soutenue et de qualité est essentiel pour notre productivité (efficience), notre efficacité (résoudre des problèmes, accomplir plusieurs de nos tâches quotidiennes), notre créativité (nouveaux apprentissages) et notre bien-être mental (sérénité). En prenant de la hauteur, il est possible également de considérer que développer son attention, c’est développer sa présence humaine au monde. C’est ce que pense le philosophe français Paul Clavier. Ce philosophe pense qu’être attentif, c’est sélectionner parmi toutes les informations disponibles celles qui méritent qu’on s’y attarde.

Je vous propose dans ce post de vous livrer une synthèse du livre « les petites bulles de l’attention » de Jean-Philippe LACHAUX. J’en profiterai pour vous livrer quelques astuces pour développer votre attention. Ce post fait partie de mon défi.

L’attention dans tous les compartiments de notre vie

Nous avons besoin d’attention pour nos gestes quotidiens. Par exemple, lorsque nous conduisons, nous avons besoin d’être éveillés au volant. D’être capables de maintenir l’attention durant de longues périodes sur ce qui se passe sur la route. De ne pas nous laisser distraire par des stimuli sans importance. De changer constamment de centre d’attention lorsque nous voulons doubler un véhicule. Et enfin d’être capables de réaliser toutes les actions nécessaires pour conduire. Par exemple: utiliser les pédales, manier le volant et changer de vitesse.

L’attention au volant

Depuis le moment où nous nous levons jusqu’au moment où nous nous couchons, nous dépendons des différents types d’attention pour être efficaces. Le manque d’attention peut nous amener par exemple à jeter la cuillère à la poubelle, et le pot de yaourt vide au lave-vaisselle. Pour éviter cela, pour lire un livre, regarder un film, cuisiner, nous laver ou voir nos amis, nous avons besoin d’attention.

L’attention est également indispensable pour tout type de travail. Que ce soit dans un bureau où nous avons besoin de lire et de remplir des formulaires et des documents. Ou qu’on soit contrôleur aérien, sportif, caissier, conducteur, médecin, éboueur, entrepreneur ou dirigeant.

L’attention est aussi la première condition pour suivre correctement les cours ou faire nos devoirs. Il est évident que nous devons être éveillés pour comprendre ce que nous lisons ou écoutons pour ne pas avoir à lire plusieurs fois la même ligne. Pour retenir ce que nous lisons. L’attention soutenue a une grande importance en classe. En effet les cours peuvent parfois être monotones et on peut finir par se distraire. Cela entraîne une perte de temps et d’informations, et a des conséquences sur notre rendement académique.

L’attention, c’est quoi? La définir, c’est déjà faire un premier pas pour la développer!

L’attention peut se définir par la capacité à diriger consciemment notre esprit vers un objet, une tâche ou une expérience spécifique. On parle d’attention sélective, soutenue ou exécutive. Elle permet d’alimenter notre mémoire de travail. Pour traiter et manipuler l’information dans le raisonnement, la compréhension ou encore l’apprentissage.

Dans le livre de Jean-Philippe LACHAUX, la description du cerveau permet de comprendre comment l’attention peut être détournée et comment elle peut être régulée. Des moyens introspectifs sont ensuite donnés pour contrôler son attention.

Les bases neuronales de l’attention

Sur le plan neuronal, des mécanismes distracteurs de l’attention sont décrits. Ainsi, des neurones savent ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas. L’individu peut alors être poussé par les premiers à faire exclusivement ce qui lui plaît. Ou à penser constamment à ce qui lui plaît, alors même qu’il doit faire attention pour réaliser une tâche.

Par ailleurs, les neurones sont spécialisés. Ceux qui réalisent la même chose se trouvent au même endroit dans le cerveau. Pour que l’individu puisse réaliser des choses complexes, une coopération entre neurones est nécessaire. Et chaque neurone peut travailler dans plusieurs équipes. Ce travail d’équipe conduit à des habitudes. Certaines sont utiles. On peut par exemple prendre l’habitude de réguler son attention. Mais d’autres sont néfastes pour l’attention, comme celle de se retourner en classe au moindre bruit.

Attention, certains neurones sont spécialisés. Par exemple, pour reconnaître la couleur bleue.
Neurones spécialisés: repérer la couleur bleue

Enfin, un « effet domino neuronal » peut prendre naissance. Quand le regard se pose quelque part, des neurones examinent ce qu’il y a autour. Ils commandent à d’autres neurones de bouger les yeux vers les centres d’intérêt. Ou demandent à d’autres neurones d’agir physiquement. On entre alors dans une succession sans fin de perceptions et d’actions. Ce qui ne favorise pas l’attention.

Des neurones chefs canalisent cet « effet domino » en gardant son intention en mémoire. Ils permettent d’associer des neurones entre eux qui n’ont pas l’habitude de fonctionner ensemble.

Un moyen pratique pour diriger son attention: le PIM

Après cet exposé sur le fonctionnement neuronal est abordé un moyen pratique pour canaliser son attention. Il repose sur l’acronyme « PIM ». P pour perception, I pour intention, M pour manière d’agir (moyen mnémotechnique : Pouce Index Majeur). L’individu est invité à identifier son intention dans une activité donnée. A retenir un mode et un objet de perception. A définir une manière d’agir pour maintenir son action dirigée vers son intention. Par exemple, quand un joueur de football tire un coup franc, il utilise ses neurones pour percevoir le ballon. Et ceux qui lui permettent de frapper le ballon (sa manière d’agir) pour diriger le ballon loin du gardien (son intention). Les PIM servent à se rappeler rapidement ce qu’il faut faire pour rester attentif. De nombreux PIM impliquent des Perceptions ou des Manières d’agir « mentales », c’est-à-dire qui ne peuvent pas être constatées par un observateur extérieur.

La façon de réaliser un PIM dépend de la tâche à réaliser. Une analogie avec la traversée d’une poutre est établie. La poutre a un point de départ et un point d’arrivée, comme toute tâche que doit accomplir l’élève. Cette poutre est plus ou moins longue selon la durée de cette tâche. Elle est aussi plus ou moins haute selon le risque qu’il y a à se déconcentrer et à rater. De plus, si la tâche est difficile, la poutre est étroite. L’auteur met donc en lumière les 3 A de la poutre : s’Arrêter pour Ajuster son Attention. En procédant ainsi, l’individu peut ajuster son attention en fonction de la tâche. En pratique, chaque activité complexe met donc bout à bout une série de poutres de dimensions très variables.

Des PIM très simples pour une meilleure attention

Il est recommandé de ne pas faire plusieurs choses à la fois. Les notions de « Maximoi » et de « Minimoi » sont introduites. Le Maximoi identifie et planifie l’ensemble des tâches simples à exécuter pour réaliser une activité. Le Minimoi exécute l’action simple. Il ne le fait qu’à partir du moment où il a clairement défini sa mission et son PIM. L’auteur recommande de visualiser le résultat de ces actions simples.

Découper une mission compliquée en tâches simples
Pour faire un feu, il faut 1/ abattre un arbre 2/ couper des tronçons 3/ allumer le feu

Le RAPPEL, un moyen pour garder son équilibre attentionnel

Comment arrive-t-on à remarquer qu’on est en train de se laisser distraire pour ensuite ralentir? L’action d’une distraction externe va d’abord s’exercer sur ces « points de repère » que sont le Regard, l’Attention et la Posture. Les déplacements de ces points de repère vont progressivement nous alerter de plus en plus tôt de notre soudaine perte d’équilibre attentionnel. Ce qui nous permettra de nous rétablir aussitôt comme un funambule. Ce sont les trois premières lettres R, A et P de l’acronyme RAPPEL.

En plus des distractions externes, notre attention est aussi soumise à des distractions internes. On les appelle « internes » parce qu’elles sont mentales et parce qu’une personne extérieure ne peut pas les observer directement. Le cas le plus fréquent concerne ces petites Pensées qui nous préviennent soudainement, alors que nous sommes bien concentrés sur une tâche, que quelque chose d’important doit être fait sans attendre. Et qu’il ne faut « surtout-pas-l’oublier ». L’auteur appelle cela un PAM, en référence aux SPAMs qui polluent les boîtes mail. Ce sont des envies soudaines de « Passer à Autre chose de Mieux » (ou de plus important). Le E correspond à « Etirement », le corps éprouve l’envie de bouger. La lettre L, qui vient conclure cette série et former le mot RAPPEL, est là pour rappeler que de nombreux automatismes nous aident au contraire à nous concentrer, et qu’il faut alors juste les Laisser faire.

Les pensées peuvent faire bouger notre corps et déséquilibrer notre attention
Les pensées peuvent nous faire Etirer le bras et détourner notre attention

Quelques astuces pratiques pour développer sa capacité d’attention

Je vous livre ici quelques astuces pour développer votre capacité d’attention. Elles sont issues de la pensée de Jean-Philippe LACHAUX, mais aussi de ma pratique de la gestion mentale. Ces astuces portent sur comment développer ses langues pédagogiques verbale et visuelle. Nous verrons ce que cela signifie.

Une Manière d’agir qui peut parfois être verbale

Dans le PIM, la Manière d’agir peut être mentale. Par exemple, il est tout à fait possible d’agir mentalement en se parlant dans sa tête (sans être fou :-D). Supposons que vous vouliez faire attention à la phrase slovène suivante « Želim biti previden », qui signifie « je veux faire attention ». Vous lisez cette phrase écrite, et vous devez la « mettre dans votre tête » le plus fidèlement possible. Cela correspond, en gestion mentale, au geste d’attention.

Il est fort probable que vous vous la répétiez plusieurs fois dans votre tête, pour la retenir le plus fidèlement possible pendant une courte durée. Vous évoquerez alors cette phrase dans la langue pédagogique verbale.

Evoquer, dans le vocabulaire de la gestion mentale, signifie « faire exister cette phrase dans votre tête ». Pour faire attention à cette phrase, votre Intention est de la faire exister dans votre tête le plus fidèlement possible. Pour cela, vous allez Percevoir la phrase en la lisant. Et votre Manière d’agir sera de vous la répéter dans votre tête. Cette petite voix est donc un outil précieux qui nous sert souvent. C’est une Manière d’agir qui n’implique pas le corps, mais la « tête » : une Manière d’agir « intellectuelle ».

Une Manière d’agir parfois visuelle

Une autre Manière d’agir mentale peut être de se fabriquer des images ou des photos dans sa tête. Supposons que vous deviez dire, parmi les animaux suivants (cochon, éléphant, poule) quel animal est plus grand qu’un chien. Il est fort probable que vous formiez dans votre tête une image ou une photo d’un cochon. Et une image ou une photo d’un chien. Ces deux images vous permettront facilement de répondre à la question. Ici, la Perception sera la lecture des mots. Votre Intention sera de dire si le chien est plus grand ou plus petit que le cochon. Votre Manière d’agir sera de fabriquer une image ou une photo de ces deux animaux et de les comparer dans votre tête. En gestion mentale, on appelle cette forme d’évocation « langue pédagogique visuelle« .

Voilà très brièvement quelques astuces pour développer sa capacité d’attention. Elles concernent la manière d’agir dans le PIM. Et s’inspirent directement de la pédagogie des gestes mentaux que je développerai plus largement dans des posts ultérieurs. N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour partager vos réactions. Vous pouvez aussi me suggérer des thèmes à aborder pour les prochains posts.

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